




Outer Wilds est un de ces rares jeux-vidéo qu’on ne peut finir qu’une fois dans sa vie. Une fois terminée, c’est une expérience qui reste, qui marque, et dont on meurt d’envie de reparler tellement le voyage est grandiose. Et si je parviens à vous convaincre d’y jouer, alors tout le monde gagne.
Dans Outer Wilds, vous incarnez le dernier astronaute du programme Odyssée, une mission qui vise à explorer les planètes voisines d’un petit système solaire fictif, truffé de mystères et de phénomènes fascinants. Après avoir tapé la discute avec les habitants du village sur Âtrebois (la planète de départ), vous récupérez les codes de lancement, grimpez au sommet de la plateforme de lancement, activez les propulseurs de votre fusée de fortune, et ça y’est, vous décollez en direction de l’espace.



D’une planète inondée et secouée par des tornades qui propulsent ses îles dans l’espace1, jusqu’à une autre envahie par une pluie de boules de feu, et qui surplombe un dangereux trou noir2, en passant par deux planètes sableuses qui fonctionnent par paire, l’une déversant son sable sur l’autre à mesure que le temps s’écoule3, on ne ressent pas de limites dans le level design de Outer Wilds. Chaque planète possède ses caractéristiques et ses concepts complètement barrés qui régissent la manière de l’explorer.



Et puis, au bout d’un moment, il se passe quelque chose avec le soleil.
Sans prévenir, vous voyez soudainement l’étoile se changer en supernova, puis un boum, et bientôt une vague de lumière bleutée vous secoue, et engloutit tout sur son passage, jusqu’à réduire à néant l’espace dessiné sur votre écran (le tout soutenu par un thème musical à la fois épique et doux-amer, comme si la fin du monde avait sa propre bande-son).

Vous vous réveillez sur Âtrebois, à nouveau, exactement vingt-deux minutes plus tôt – pile poil au moment où vous alliez gagner la plateforme de décollage à l’aide des codes de lancement. Le plus étonnant, dans cette histoire, c’est que personne ne semble avoir remarqué que la journée vient de redémarrer, à part vous.
Rebelote : vous prenez l’ascenseur, activez les propulseurs, décollage, exploration, et… le thème musical revient, le soleil fait son truc, une nouvelle fois, et vous comprenez tout de suite que ce n’était pas un accident, ni un game over : non, c’est bien le soleil qui semble réglé comme une horloge, implosant inlassablement à chaque cycle de vingt-deux minutes. Et vous semblez le seul être conscient de cette boucle temporelle, qui n’est pas sans rappeler Un jour sans fin.
En voilà un bon, de mystère à résoudre.
Cet article a été publié, à l’origine, en février 2019, dans le cadre d’un projet étudiant de webzine.




